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  • Exploitations agricoles à Bassenge : une de moins chaque année depuis trois ans…

    terres agricoles bassenge, agriculteurs bassengeEn Basse Meuse, 13% d’exploitations agricoles ont disparu en 3 ans. Les raisons de l’érosion sont nombreuses.

    De 4.067 en 2007, le nombre d’exploitations agricoles dans la province est passé à 3.656 en 2010. Pour la Basse-Meuse, ce chiffre est tout aussi interpellant, alors que l’agriculture fait la fierté et la beauté de la région: 269 en 2007, pour 234 en 2010!

    Commune par commune, le constat est encore plus accablant.

    Bassenge: 48 à 45. Dalhem: 85 à 71. Herstal: 12 à 11. Oupeye: 49 à 43. Visé: 22 à 18. Blegny: 53 à 46. Tous ces chiffres sont détaillés sur le site www.statbel.fgov.be  mais ils ne font que suivre une tendance qui dure depuis plus de 70 ans.

    agriculteur bassengeAvant la guerre, la province comptait ainsi plus de 20.000 fermes. “ Mais à l’époque, on considérait comme ferme, l’élevage de deux cochons et une vache ”, précise Henri Lhoest, agriculteur. “ Avec la modernisation des années 1960, il y a eu une tendance au regroupement. Ensuite, la Politique Agricole Commune (PAC) a privilégié la semi-industrialisation pour produire plus et mieux. D’où la naissance de grandes fermes ”.

    Et de continuer à pointer du doigt les contraintes et les différentes réformes de la politique agricole de l’Union européenne. “ On nous donne des aides à l’hectare: plus on a d’hectares, plus on reçoit des aides et plus on sait faire des économies d’échelle ”. Ce qui met à mal les petites et moyennes exploitations, de moins en moins rentables...

    Dur dur pour les jeunes

    Une situation qui n’incite pas les jeunes à se lancer dans le métier. “ Imaginez un jeune de 25 ans qui veut reprendre la ferme de ses parents, dont le capital est d’un million d’euros. Il va devoir sortir cette somme bien avant d’avoir commencé son activité. Et quand il fait ses comptes, plus de charges pour moins de rentabilité... Il est découragé ”, continue Henri Lhoest. Raison pour laquelle de nombreuses exploitations n’ont pas de successeurs.

    Mais il y a des friches dans les zonings!

    Et en plus de toutes ces difficultés, Henri Lhoest dénonce la perte de terres agricoles au profit des zonings. Un sujet qu’il connaît bien, lui qui se bat contre l’extension de celui des Hauts-Sarts.

    “ On veut encore prendre nos terres pour y faire des halls de stockage, alors qu’il y a des dizaines d’hectares en friches dans les zonings. Prenez le cas de Colgate-Palmolive, en vente depuis des années, les investisseurs préféreront construire sur des terres agricoles plutôt que de démolir pour reconstruire ”.

    Mais malgré tout ça, Henri Lhoest aime son métier. “ Il faut l’avoir dans le sang. On vit à 100 % pour son exploitation ”.

    Agriculteur depuis 1984, Henri Lhoest a repris une partie de l’exploitation de ses parents en 1990. Dix ans plus tard, avec son frère, c’est l’autre partie qu’ils reprennent. Leur exploitation est grande, “ fruit de l’héritage de mes parents et grands-parents ”, insiste-t-il. Un héritage qu’il espère bien céder à ses trois fils, mais pas à n’importe quel prix: “ Quand on voit ce que la PAC prévoit pour dans dix ans... Si c’est pour travailler plus et gagner moins que maintenant... ”.

    Henri Lhoest, agriculteur depuis 1984, tient le coup (photo Lem La Meuse) 

    (Source La Meuse mardi 10 janvier 2012)