Google Analytics Alternative

Basse-Meuse. Les carnavals « pollués » par des bandes de mineurs : près de 400 jeunes Liégeois confondent les carnavals de village avec la City Parade…

carnaval fauteurs de troubles première page.pngSamedi, en plein carnaval de Slins, 150 jeunes, essentiellement des mineurs, étaient expulsés du carnaval et raccompagnés, via deux bus, au centre-ville de Liège. La police de la Basse-Meuse explique sa politique et sa façon de travailler sur des événements ultra-spécifiques comme les carnavals. Les policiers de la Basse-Meuse doivent faire face à un phénomène récent qui pollue les sept carnavals que compte la zone : les bandes de jeunes. Et par bande, on entend plusieurs centaines d’individus puisqu’au carnaval de Bassenge, par exemple, ils étaient près de 400. « Les jeunes – ils ont entre 12 et 18 ans – agissent comme s’ils étaient dans une « City Parade », explique le commissaire Jean-François Duchesne, directeur des opérations pour la police de la Basse-Meuse. «Il y a des chars, de la musique techno, de l’alcool et des jeunes filles, il n’en faut pas plus pour voir des comportements inappropriés fleurir. Les ados harcèlent les spectateurs, ils courent derrière les chars pour voler des boissons, ils sont parfois en état d’ivresse et commettent des dégradations. Ils viennent s’amuser au carnaval mais pas avec les mêmes buts que les spectateurs traditionnels. Samedi, à Slins, des groupes de plusieurs dizaines de jeunes suivaient les chars en courant, en bousculant tout sur leur passage, sur les capots et les toits des voitures garées».

police carnaval wonck 2014 montage.jpgDes bus escortés par des fédéraux.

Ce phénomène remonte à 2011.Les carnavals organisés en BasseMeuse sont désormais pris d’assaut par des centaines de mineurs qui gagnent le cortège via des bus au départ de Liège. Ils viennent de Liège, Droixhe, Seraing, Flémalle, Grâce-Hollogne, Herstal et même, parfois, de Verviers et sont bien décidés à se faire plaisir, à n’importe quel prix. Comme pour les hooligans, ces bus « spéciaux » sont escortés par la police fédérale. Pour maîtriser ces débordements, la police, en concertation avec les police carnaval wonck 2014 1.jpgautorités communales et les comités carnavalesques, a adopté une série de mesures. « Nous avons d’abord mis plus de policiers le long du cortège mais le résultat n’était pas probant», souligne le commissaire. « Nous avons ensuite supprimé les haltes des chars et fait interdire, dans certains carnavals, la musique techno. Nous identifions aussi les jeunes à la sortie des deux ou trois bus qui les amènent sur place. Nous procédons également à une fouille de sécurité et les contrôleurs du TEC, eux, vérifient les titres de transport».

police carnaval wonck 2014 3.jpgDes armes retrouvées dans un bus.

Ainsi, samedi, dans un des bus, les policiers ont retrouvé un couteau, un tournevis et un marteau de sécurité. Des armes que les jeunes avaient finalement laissées dans le bus quand ils ont réalisé que les policiers procédaient à des fouilles. « Nous travaillons en étroite collaboration avec le TEC et les bus sont régulièrement vandalisés», poursuit Jean-François Duchesne. «Il n’y a qu’à voir la tête du chauffeur de bus lorsqu’il arrive enfin sur le site ». Samedi après-midi, près de 150 jeunes qui troublaient la fête ont été isolés par les policiers. Ces derniers ont fait appel à deux bus « d’urgence » du TEC afin d’expulser les fauteurs de troubles du carnaval. « Le carnaval requiert une privatisation de la voie publique et, à ce titre, ces jeunes n’avaient plus rien à faire sur le site ». Un premier bus a quitté le carnaval avec à son bord 80 jeunes et quelques policiers. Une heure plus tard, un second bus avec 70 autres jeunes quittait le carnaval. Tous ces ados ont été reconduits place Saint Lambert, à Liège, où ils étaient attendus. La police de Liège procédait, en effet, à des arrestations administratives. Parmi ces jeunes, beaucoup de fauteurs de troubles mais aussi des ados qui voulaient simplement rentrer chez eux mais qui n’étaient pas en possession de leur carte d’identité. Certains ados de 13 ans ont passé 5 heures au cachot.

Dégâts collatéraux…

Deux versions.

Carnaval mégane fauteur de trouble.pngMegan a 13 ans. Elle habite Flémalle et elle se trouvait dans le deuxième bus. Elle nous parle, sous le regard bien veillant de sa maman Angélique, de cette après-midi de folie. « C’était la première fois que j’allais à ce carnaval. J’étais avec une amie et une adulte. Après avoir assisté au carnaval, nous avons repris le bus et une bagarre a éclaté dans le véhicule. La police nous attendait à Liège ». Les ados ont alors été amenés dans le tunnel sous la place Saint Lambert. « Là, nous avons tous été obligés de nous mettre contre le mur. Certains ont reçu des coups de matraque dans les jambes. Les policiers ont contrôlé tout le monde et je n’avais pas ma carte d’identité », poursuit Mégan. « Comme trente autres jeunes, ils m’ont attaché les poignets dans le dos avec des colliers Colson pour ensuite nous amener à Natalis où, après une fouille, nous avons passé 5 heures au cachot dans le froid ». La maman de Megan, elle, ne décolère pas : « On a traité ma fille de 13 ans et d’autres adolescents comme des criminels et cela, je ne peux l’accepter. Ma fille n’avait juste pas sa carte d’identité, elle était accompagnée d’une jeune adulte et elle voulait rentrer chez elle ». À la police de Liège, on effectue une lecture plus globale de ce dossier. « Sur le coup de 17 heures, nous avons procédé à 139 contrôles d’identités à l’abri des regards», explique Dominique Bailly de la direction opérationnelle de la police de Liège. « Parmi les 139 personnes contrôlées, 39 ont été arrêtées pour des dégradations et pour des outrages. Certains ont également été arrêtés administrativement car ils n’étaient pas en possession de leur carte d’identité. Nous avons utilisé des colliers Colson car beaucoup de jeunes n’étaient pas dans un état normal, ils étaient excités et il fallait les ramener à Natalis. Dans ce contexte, les colliers ne me semblent pas superflus. Si cet après-midi-là j’avais été de service, je les aurais également utilisés. Si des parents estiment que les Colson n’étaient pas nécessaires, ils peuvent toujours déposer une plainte et une enquête sera réalisée ». Dominique Bailly s’arrête alors sur le cas de Megan. « Cette demoiselle a été contrôlée à 17 h 30. Elle était en cellule à 18 heures et à 21 h30, elle était libérée. Cela fait donc un total de 3 heures en cellule. Nous avons pris le temps strictement nécessaire afin de vérifier les identités de celles et ceux qui n’avaient pas leur carte d’identité ».

(Source La Meuse du 24 février 2015, un article de Arnaud Bisschop) (Toutes les photos prétextes Regor carnaval Wonck 2014)( Photo de première page La Meuse Regor Glons 2013)

Commentaires

  • L'intégration !!! Echec ou succès ???

  • Pourquoi ces jeunes ciblent-ils systématiquement les carnavals de la Basse Meuse ? Que viennent-ils faire au carnaval sans déguisement, sans connaître rien des coutumes et traditions, uniquement dans le but de boire alors que la plupart sont mineurs d'âge, de se bagarrer et de dégrader. Est-il normal à 13 ans de se retrouver dans ce genre de manifestation sans ses parents ni carte d'identité ? Va-t-on encore longtemps tolérer que cette chienlit mette en péril les carnavals que nous préparons d'année en année, que nous attendons avec impatience, pour lequel nous nous investissons que ce soit financièrement, en temps et autres. Déjà les mineurs d'âge non accompagnés de leurs parents devraient être refoulés d'office vu leur conduite un accident serait problématique. Notre carnaval doit retrouver ses valeurs et tenir toutes ces nuisances à l'écart sous peine d'être appelé à disparaître à notre détriment alors que le carnaval rhénan si proche de nous ne connaît pas ce genre de déboires.

  • Pourquoi employer le terme "pollués par " et non "perturbés par", quel que soit leur comportement ces jeunes ne sont pas des déchets qui pollueraient notre environnement.
    D'autre part, ces "bandes" étant apparemment connues, au moins de la police, ne serait-il pas possible d'essayer de les intégrer aux cortèges en leur proposant de mettre sur pied, eux-mêmes, des groupes costumés, discrètement encadrés ?

Les commentaires sont fermés.