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Scandaleux: la police de la Basse-Meuse verse 250.000 euros au commissaire pour le faire taire et éviter de le nommer chef de zone. L’article complet !

police basse meuse nomination.jpg 2.pngLa zone de police de la Basse-Meuse va payer 250.000 euros au commissaire Philippe Lambert pour éviter de le nommer chef de zone. C’est le prix à payer pour qu’il cesse ses recours au Conseil d’Etat, tous en sa faveur jusqu’à présent. La zone de police de la Basse-Meuse qui regroupe les communes de Bassenge, Blegny, Dalhem, Juprelle, Oupeye et Visé se prépare à débourser discrètement 250.000 euros pour en terminer avec une procédure de nomination de chef de zone qui dure depuis… 14 ans ! Objectif : se « débarrasser » de l’encombrant Philippe Lambert, candidat malheureux au poste tant convoité, qui n’a cessé depuis lors d’introduire des recours au Conseil d’Etat. Conseil d’Etat qui, à chaque fois, lui a donné raison. Et manifestement, ça a fini par agacer les responsables de la zone de police, qui ont décidé d’en finir une bonne fois pour toutes en mettant la main au portefeuille pour offrir une retraite dorée au candidat mécontent. Une police basse meuse nomination.jpg 2.png piette.pnginformation qu’on se refuse à confirmer du côté de la zone de police. Josly Piette, le bourgmestre de Bassenge et président de la zone de police, est très clair : aucun commentaire, confidentialité oblige. Mais l’histoire de ce petit « pécule de départ » a fini par fuiter dans les couloirs des commissariats de la Basse-Meuse. Où les policiers n’apprécient que modérément ces largesses financières à l’heure où les budgets « police » sont de plus en plus serrés. «Ils chicanent pour quelques dizaines d’euros, n’ont pas d’argent pour engager les inspecteurs qui manquent, mais savent sortir 250.000 euros pour ne pas appliquer une décision qui émane pourtant du Conseil d’Etat», s’étonne un connaisseur du dossier.

police basse meuse nomination.jpg 2.pngUne retraite étonnante…

Cette instance avait en effet cassé à six reprises déjà la nomination de Jean-François Adam, choisi par la zone de police pour diriger la Basse-Meuse. Et Philippe Lambert avait encore récemment introduit un recours quand Alain Lambert lui avait été préféré pour prendre la succession du commissaire Adam.

Mais ce dernier recours ne connaîtra pas la même issue que les précédents. Philippe Lambert, aux dernières nouvelles, aurait en effet abandonné son action et pris sa retraite. Une décision qui en a étonné certains, tant ses chances d’avoir à nouveau gain de cause semblaient importantes. Mais pour les observateurs avisés de cette véritable saga, la surprise est moins grande. Selon eux, l’étau se resserrait en effet autour de la zone de police, qui n’allait plus avoir d’autre choix que de nommer Philippe Lambert au poste de chef de corps de la police de la Basse-Meuse. Ce qu’ils tentent justement d’éviter à tout prix depuis près de 15 ans. Seule alternative dès lors : acheter son départ et l’assurance qu’il cesserait toute action devant le Conseil d’Etat, actuelle et à venir…

C’est finalement cette porte de sortie qui a été choisie. Mais encore faudra-t-il la faire passer dans les comptes de la zone de police. Si l’affaire est courante dans le privé, où les parachutes dorés figurent dans les indemnités de sortie, la démarche est beaucoup plus délicate dans une zone de police, où chaque cent dépensé doit être justifié. « Mais sans doute vont-ils faire passer ça dans les frais d’avocats et dans ce cas, ce sera invérifiable.» Des frais d’avocat qui, après 14 années de procédure et sept recours devant le Conseil d’Etat, devaient déjà représenter une belle somme. Alors, 250.000 euros de plus ou de moins… l

Geoffrey Wolff

Rétroactes

Six nominations annulées depuis 2001

La saga autour de la nomination du chef de la zone de police de la Basse-Meuse a démarré le 16 mai

2001, quand le conseil de police a désigné Jean-François Adam par 15 voix « pour », sur 24 votants. Immédiatement, Philippe Lambert, l’autre candidat en lice, a introduit un recours devant le Conseil d’Etat pour motivation insuffisante. Il a obtenu gain de cause. Nomination cassée. Le 17 octobre de la même année, retour à la case départ : le conseil de police revote et désigne… JeanFrançois Adam, en motivant cette fois sa décision. Trop, estime Philippe Lambert, qui saisit à nouveau le Conseil d’Etat pour… excès de motivation. Il estime que le dossier rédigé à son sujet par le bourgmestre de Bassenge de l’époque, Ghislain Hiance, est en sa défaveur. Un dossier défavorable à Philippe Lambert qui fait dire au Conseil d’État que les deux hommes n’ont pas été traités de façon équitable. Le 14 décembre, en 2001 toujours, Jean-François Adam est à nouveau désigné chef de corps de la police de la Basse-Meuse, après une procédure repartie de zéro. Mais Ghislain Hiance a pris part au vote. Nomination annulée. Et la série va continuer pendant de longues années, le conseil de police maintenant à chaque fois son choix – Jean-François Adam – et le Conseil d’Etat annulant sa désignation après recours de Philippe Lambert. Entre-temps, Philippe Lambert sera nommé à l’académie de police avec le grade de commissaire divisionnaire. Une promotion sans nul doute destinée à calmer ses velléités de direction de la zone de police. En vain… Fin 2010, anticipant la retraite de Jean-François Adam, une énième procédure est lancée pour désigner un chef de zone. Procédure qui sera suspendue par le Collège de police lui-même. Lorsqu’en juin 2011, Jean-François Adam prend sa retraite, Alain Lambert est désigné comme chef de zone ad intérim, le temps de relancer la procédure légale. Cette désignation ad intérim est alors elle aussi attaquée au Conseil d’État, toujours par Philippe Lambert. Qui gagne une nouvelle fois. Au final, Jean-François Adam aura été pensionné sans jamais avoir été nommé. Alain Lambert va pour sa part éviter tout ça. Philippe Lambert n’introduira plus de recours. On sait pourquoi… l

 

G.W

(Source La Meuse samedi 14 février 2015)

Commentaires

  • Indépendamment de l'absence totale d'éthique et de morale que serait le paiement d'une telle somme, il y a lieu de se poser la question de sa légalité !

    Dépenser de l'argent public pour acheter le silence de quelqu'un, cela s'apparente qunad même très fort aux pratiques de la Cosa Nostra sicilienne.

    D'autant plus que cet argent, c'est celui de nos impôts. Et moi je refuse d'être "racketé" par les autorités communales au profit d'un particulier afin de le faire taire. Au regard du droit, cela est-il bien légal ?

    Et puis quelle image de la démocratie dans un Etat qui se dit de droit où le seul fait d'ouvrir son portefeuille (ou plutôt celui de milliers de citoyens) suffirait à faire taire et à dissuader un citoyen d'exercer ses droits les plus élémentaires....

    Le risque est bien sur que cet argent soit versé à l'intéressé, que l'affaire se tasser et qu'on finisse par ne plus en parler .... Comme souvent ...J'incite dès lors que les citoyens de la Basse-Meuse à se mobiliser afin de faire capoter ces pratiques de la part de bourgmestres persuadés que tout s'achète, même le silence et que c'est tout à fait normal...

  • Bien envoyé !

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