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La Vallée du Geer et les moutons : une longue histoire commune…

wonck l'abreuvoir.jpgChronique de Regor.

Pour avoir écrit, sur ce même blog, plusieurs articles au sujet des moutons de la Montagne Saint Pierre, un certain nombre d’éléments en ressortent aujourd’hui. Et, constituant le début d’un dossier, méritent toute notre attention. Si de vieilles cartes postales des années 1900 permettent d’affirmer que les moutons ont toujours été étroitement liés à la vie de la Vallée du Geer, pousser quelque peu les recherches nous a apporté des éléments nouveaux qui revêtent une réelle importance. Mais, tout d’abord, revenons sur les articles publiés en ce même blog dans la rubrique «  Tiroir aux souvenirs » qui étaient illustrés d’anciennes cartes postales. 

wonck gd route moutons.jpgSur l’une d’elles, on aperçoit un troupeau de moutons à Wonck, investissant en totale liberté le centre du village où un abreuvoir était spécialement mis à sa disposition. Sur une autre prise de vue, toujours à Wonck dans le Wâr, un berger et ses chiens ramènent les moutons vers le centre du village. Il est clair qu’au vu de ces deux photos, tant le rôle du berger que celui de ces moutons qui entretenaient les herbages et fournissaient la laine bénéficiaient d’un total respect des villageois. D’autre part, tels les artistes qui à l’époque peignaient leurs pastorales, le privilège des photographes qui plantaient les trépieds de leurs lourds appareils en Vallée du Geer étaient de pouvoir photographier la scène du berger et de son troupeau de moutons descendant des coteaux. Un privilège rare dont beaucoup ne se privaient pas et leurs scènes spécifiques de la Vallée du Geer telles des pastorales revus par la photographie, faisaient le bonheur des éditeurs de cartes postales.

Les moutons et la Vallée du Geer, une longue histoire commune. D’autres découvertes venant corroborer le propos…

moutons otan 2.jpgSi l’on revient à une époque plus proche de nous, depuis les années 70, personne n’ignore que les immenses surfaces de terrains occupés par l’OTAN à Glons ont été entretenues par les moutons. Cela fait ainsi plus de 40 ans qu’en bonne saison les moutons broutent les hectares de prairies calcaires situées plein sud et, le froid venu, retrouvent leur bergerie pour passer l’hiver. A Glons, le cheptel compte actuellement 70 têtes, selon un responsable militaire interrogé le mois dernier.

D’autre part, en feuilletant un album de vieilles photos, moutons roclenge.jpgnous faisons bientôt une autre découverte : une photo prise à Roclenge sur laquelle on voit un petit troupeau de mouton broutant les accotements de la grand-route à Roclenge (bâtiment gendarmerie à l’arrière-plan).

Après Wonck, voici donc que cette découverte atteste de la présence de troupeaux de moutons à Roclenge.

Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises ! Dans un ouvrage édité en 1992 par l’historien local feu notre ami Jean-Pierre Detrez et intitulé «  Petit Patrimoine extrait brochure patrimoine jp detrez.jpgpopulaire de Bassenge », à la page 15, il est question du village d’Eben : « Eben. Le village le plus archaïque de la Vallée du Geer. C’est ici que le Geer a l’aspect le plus bucolique. Sous l’Empire français y existait une école de bergerie ». Une école de bergerie ? Un élément crucial !

Cette fois, on a mis le doigt sur un élément primordial. Une école de bergerie. Il touche à la fois l’éducation et la transmission du savoir. De surcroît, s’agissant d’une spécificité de la Vallée du Geer, cette tradition ancestrale est reprise dans un ouvrage couverture petit patrimoine populaire.jpgqui traite de son Patrimoine –bâti et immatériel- (publié par la commune de Bassenge et subventionné par la RW division du Patrimoine). Mazette ! Pour peu qu’on fasse état d’une tradition spécifique, en Vallée du Geer, de l’exploitation ancestrale des moutons pour entretenir les prairies calcaires et l’existence d’une ancienne école de bergerie digne de celle de Rambouillet en France*, on entrerait alors dans une notion de patrimoine immatériel bassengeois et la carte d’un nouvel atout touristique mériterait d’être jouée.

moutons mergelland.jpgAlors, puisque nous avons les moutons de la montagne Saint-Pierre et des bergers, pourquoi ne pas se laisser aller à rêver à une sorte d’école de bergerie en Vallée du Geer, un endroit culturel et didactique, un lieu que les groupes pourraient visiter – parents, enfants, écoles -,  où des explications pourraient leur être données sur l’élevage des moutons et sur le travail de la laine, sur le rôle primordial qu’il jouent dans l’entretien des herbages des prairies calcaires et surtout, où serait évoquée cette histoire commune entre la Vallée du Geer et les moutons, une tradition qui perdure depuis des siècles ?

Pour ma part, pour commencer, j’y verrais bien une chantal-van-gelderen moutons mergelland.jpgexposition de photos anciennes, des cartes postales que j’ai agrandies, retravaillées et colorisées et qui témoignent de cette histoire… (voir exemple ci-dessous)

Mais on ne va pas en faire tout un fromage. Quoique… Le fromage des brebis de la Vallée du Geer aurait certainement, lui aussi, un bel avenir devant lui.

Regor

* http://fr.wikipedia.org/wiki/Bergerie_nationale_de_Rambouillet

moutons photo colorée.jpg

Voir aussi : 

Le projet d’écopâturage de l’hôpital de Calais a été inauguré ce lundi. Le but est notamment de faire entretenir les extérieurs du centre hospitalier par une quinzaine de moutons. Un rôle d’utilité publique fort apprécié…

http://www.lavoixdunord.fr/region/des-moutons-pour-entretenir-les-espaces-verts-de-ia33b48581n1584857#utm_source=facebook&utm_medium=redaction&utm_campaign=page-fan-vdn-general

http://www.lavoixdunord.fr/region/calais-les-moutons-d-etcterra-nouvelles-vedettes-du-ia33b48581n1575686

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