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A Grand Axhe, le Geer a retrouvé son ancien lit. Et à Bassenge, le Geer ça nous concerne aussi…

le geerLe bruit du Geer, les Hesbignons ne l’avaient plus entendu depuis longtemps. Il y a des dizaines d’années, la rivière avait été canalisée en ligne droite, sans surprise, sans plus rien qui y favorise le développement de la biodiversité. Mais à Waremme, retour en arrière : sur un kilomètre à travers la zone naturelle de Grand-Axhe, le Geer a retrouvé son ancien lit, ses rapides et ses méandres. Depuis une quinzaine de jours, il s’écoule naturellement, dans un paysage certes lunaire à la suite des travaux, mais qui devrait s’enrichir jour après jour et effacer toute trace de l’ancien canal.

Réapparition d'insectes, de poissons et développement de la biodiversité...

« Les méandres vont réoxygéner la rivière, et donc favoriser la réapparition de certains insectes et poissons qu’on ne trouvait plus dans le Geer comme des loches ou des gardons, explique Julien Mols, coordinateur local pour le Contrat de rivière. Cette opération va permettre de redévelopper un biotope, de développer la biodiversité. » 1.000 saules et 200 aulnes ont aussi été plantés sur le site public de 17 hectares.

Dans les années 50 et 60, le Geer avait été canalisé, et son tracé rectifié, dans le but de favoriser un écoulement rapide de l’eau vers l’aval, et donc d’éviter les inondations. « C’était l’époque du tout au béton, précise Julien Mols. Mais, en raison de la crise des années 70, le canal n’a pas été construit jusqu’au bout. La vision était peut-être logique à la base, mais si on ne l’appliquait pas partout, elle n’avait pas de sens… »

Par ailleurs, un autre tronçon du Geer avait également été dévié pour alimenter la roue d’un moulin à Petit-Axhe, il y a 250 ans. La rivière coulait, en définitive, bien loin de son lit naturel… Mais l’ancien tracé est toujours resté visible, créant une dépression bordée de plantes aquatiques dans le paysage.

D'importants subsides européens pour une rivière transrégionale et transfrontalière...

Pour « sortir le Geer de sa torpeur », les autorités ont bénéficié de subsides européens Interreg IV, la rivière étant transrégionale et transfrontalière. 150.000 euros ont été octroyés dans le cadre du projet Aquadra. « L’objectif est de travailler avec la Flandre et les Pays-Bas pour une gestion concertée et intégrée du Geer, ajoute Julien Mols. C’est un projet pilote, inédit au nord du sillon Sambre et Meuse. Un aménagement similaire est d’ailleurs réalisé sur le Geer à Tongres, sur environ 1,5 kilomètre. »

Au-delà du développement de la biodiversité, le projet permet à la population de se réapproprier le cours d’eau. « Les gens du cru sont contents, ils retrouvent le Geer de leur enfance, constate Vincent Mignolet, échevin de l’environnement et président du contrat Meuse rivière aval. Nos parents, nos grands-parents s’y sont baignés, ils le redécouvrent comme ils l’ont connu. Ces travaux vont faire oublier l’image d’égout à ciel ouvert qu’ils peuvent en avoir. »

Lutte contre les inondations…

De nouveaux outils de gestion des problèmes liés aux inondations sont à l’étude. Une modélisation hydraulique du bassin du Geer est en cours de conception, permettant d’anticiper l’impact d’éventuels aménagements en cas de fortes pluies. Des solutions alternatives à la canalisation des cours d’eau peuvent aussi être adoptées : la création de bassins de rétention, de zones inondables naturelles ou de retenue. La reméandration du Geer permet également d’améliorer la situation.

le geer

Le Geer à Wonck photo Regor

(Source Le Soir du jeudi 21 juin)

 

Commentaires

  • C'est une très bonne chose. Colombo

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