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  • Politique. Les plus gros cumulards ! Alors que beaucoup peinent à trouver un job ou terminer financièrement le mois : certains de nos élus cumulent les mandats

    POINT INTERROGATION composition.pngCela étonne toujours mais certains élus comptent jusqu’à... 32 casquettes différentes

    Chaque année, le monde politique doit déclarer à la Cour des comptes la liste de tous ses mandats, ainsi que le montant de son patrimoine. La déclaration de chaque politicien belge, à tous les niveaux de pouvoir, a été publiée ce jeudi au Moniteur belge, dans un fichier volumineux de 918 pages. L’occasion d’identifier les plus gros cumulards de notre pays, du simple conseiller communal d’une petite entité rurale, au gros bonnet de la politique.

    Les années se suivent et se ressemblent. La liste des mandats, fonctions et professions de nos élus, pour l’année 2015, a été publiée au Moniteur belge ce jeudi. Verdict ? Certains de nos hommes politiques ne mettent que peu de limites à leur volonté d’étendre leur influence ou d’augmenter  leurs revenus. Car le nombre de leurs mandats cumulés frise parfois le ridicule. Jean-Claude Nihoul (cdH), bourgmestre de Fernelmont, 20 mandats*, dont 8 rémunérés. Alain Mathot (PS), Seraing, 23 mandats, dont 7 rémunérés. JeanPierre Hupkens, échevin liégeois aux 31 mandats (5 rémunérés). Philippe Fontaine (MR), conseiller communal à Manage, 21 mandats, dont 11 rémunérés. Vincent Bataille, conseiller communal à Comines-Warneton, 30 mandats (9 rémunérés). Ou encore deux des champions francophones toutes catégories: le Hutois Georges Pire, conseiller provincial liégeois (18 mandats et fonctions rémunérées), régulièrement cité parmi les plus gros cumulards et Stéphane Lasseaux avec ses 14 activités rémunérées ! Ce dernier, conseiller provincial namurois, conseiller communal à Florennes, administrateur du TEC Namur-Luxembourg, au BEP, à l’INASEP, à ORES, ou encore, à titre privé, du comité consultatif d’Ethias. « Ce ne sont que des jetons de présence, ils sont taxés », tempère Stéphane Lasseaux. « Je ne pourrais d’ailleurs pas me permettre d’arrêter mon métier de comptable. »

    DES SURHOMMES ?

    Des surhommes? «C’est bien d’être actif. Mais peut-on l’être efficacement avec autant de mandats?

    " Non, ce n’est pas possible. Souvent, les mandataires le font pour la galerie, ou pour étendre leur influence », estime Jean-Luc Crucke, député- bourgmestre de Frasnes-lez-Anvaing, et qui exerce lui-même 18 mandats et fonctions, dont 5 rémunérés. «Mais en tant que bourgmestre, je suis automatiquement impliqué dans certaines structures, comme par exemple le collège de police.» Il n’existe pas de plafond au nombre de mandats non-rémunérés que peut exercer un politique. Et encore moins de manière de vérifier si nos élus font même acte de présence dans ces nombreux conseils d’administration d’intercommunales et s’investissent réellement dans ces innombrables ASBL. Par contre, le code de la démocratie locale interdit à un mandataire wallon d’exercer plus de 3 mandats exécutifs rémunérés. En cas de dépassement de la norme, la cellule de contrôle des mandats peut intervenir et sanctionner. Pour un député wallon ou fédéral, la limite est fixée à deux mandats exécutifs. Et pour tous ces élus, le plafond (hors revenus privés) maximal ne peut pas dépasser une fois et demie l’indemnité parlementaire, soit 179.922,27 euros bruts par an. Mais le contrôle est loin d’être évident. Tandis que certains accumulent les jetons de présence, d’autres préfèrent accroître leur influence en collectionnant les mandats. Espérant ainsi un jour décrocher la timbale: un siège de député, ou mieux, de ministre.

    (Source La Meuse samedi 13 août 2016)