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peupliers wonck

  • Abattages massifs d’arbres en Vallée du Geer : l’hécatombe…

    hécatombe arbres.jpgLa chronique coup de g….. de Regor. En deux volets : le constat et la gestion des peupliers en Chine.

    Mais quand l’hémorragie s’arrêtera-t-elle donc enfin ? En Vallée du Geer, entre 2011 et 2013, ce sont au moins 10 ha de zones boisées qui auront disparu !

    Ce début d’avril, entre Wonck et Eben, sur la rive droite du Geer à hauteur du Moulin du Broukay, l’abattage des peupliers s’est poursuivi a un rythme soutenu à tel point qu’une peupleraie de plusieurs hectares, aujourd’hui exemptes d’arbres, apparaît telle une morne et immense plaine marécageuse d’un brun uniforme. Rasibus : tous les arbres y sont passés.

    peupliers morne plaine 4.jpgTraversée par un Geer pollué qui charrie un flux constant de détritus divers, le spectacle offert par la zone est désolant. « Vallée du Geer,  te souviens-tu de ton grand paysage bucolique ? De ce paysage tout en nuances de vert avec tes peupliers qui rythmaient l’horizon… ? 

    Qu’on ne me parle plus de protection ni de respect du patrimoine naturel à Bassenge. De ce Patrimoine, repris aussi sous l’appellation de « petit patrimoine » (Région Wallonne DGO4) parmi lequel, avec un peu d’attention, certains de ces arbres, remarquables, auraient pu figurer.

    En effet, ces peupliers dont je vous parle et qui, parmi d’autres, viennent d’être abattus étaient des ancêtres : ils faisaient 1,30 de diamètre ! Ils ont été sauvagement abattus durant leur sommeil. Sans aucune vergogne. Ces peupliers plus que centenaires avaient pourtant connu l’histoire de la Vallée du Geer. Leurs troncs résonnaient encore des cris des enfants jouant au cerceau à l’époque où l’industrie chapelière était florissante et certains de ces géants portaient fièrement en eux, gravés dans l’écorce, les cœurs et les noms que des amoureux éperdus y avaient laissés.

    peupliers morne plaine géant 7.jpgLeurs circonférences auraient pu rivaliser avec celle du fameux Arbre du Gibet de Boirs dont on perpétue la mémoire mais qui, lui, est mort de vieillesse. Non pas, abattu en pleine force de l’âge, comme l’ont été les arbres évoqués. Une mémoire en deux poids deux mesures ? Triste constat. Triste spectacle.

    A Bassenge, plusieurs échevinats, comme commissions et autres plans, eurent été concernés. Mais devant cette hécatombe, personne ne lève le petit doigt. Qu’on s’attaque à la mémoire de la Vallée du Geer, tout le monde trouve cela normal.

    peupliers morne plaine géant 5.jpgAvouez tout de même que c’est incompréhensible pour une Vallée à laquelle autant d’habitants sont attachés.

    D’accord, on me dira qu’il s’agissait d’une opportunité. Les chinois offrent de bons prix pour les peupliers et les propriétaires ont saisi l’opportunité et leurs ont vendus. Mais, entendons-nous bien, je peux comprendre que l’on sacrifie des arbres sur l’hôtel du profit. Ce que je ne comprends pas, c’est que tout y soit passé.

    Tous les peupliers sont abattus, sans aucune distinction d’âge, sans tenir compte de l’intérêt de certains individus en terme de dendrologie, sans aucun tri, sans tenir compte de leur emplacement pourtant judicieusement choisi par nos aïeuls, sans discernement, sans aucun raisonnement, sans aucune réflexion, sans aucun accompagnement : de l’abattage sauvage, en somme ; chose qui n’a jamais existé dans l’histoire de la Vallée du Geer.

    peupliers morne plaine géant 6.jpgSans évoquer les oiseaux et la richesse ornithologique du lieu.

    Qu’on ne me parle plus de respect du patrimoine naturel est une chose, je l’ai dit, mais qu’on ne me parle plus non plus de paysages bucoliques pour qualifier une Vallée du Geer à l’environnement naturel typique que les marcheurs, promeneurs et autres amoureux de la nature aimaient découvrir et arpenter mais surtout qu’on ne me parle plus de tourisme vert ni de la mémoire.

    La pêche, ne l’évoquons même pas, le Geer est une poubelle.

    Dans les années 1900, la Vallée du Geer doit le déclin de son industrie chapelière et de ses chapeaux de paille en partie aux chinois. Main d’œuvre meilleur marché, évoqua-t-on, pour s’accaparer notre savoir-faire.

    peupliers morne plaine géant 8.jpgNous voici plus de cent ans plus tard. Et même si certains « responsables » ont juré qu’on ne les y prendrait plus, force est de constater que c’est à ces mêmes chinois que notre vallée doit aujourd’hui, en 2013, le déclin de son environnement naturel remarquable.

    Comme s’il s’agissait d’une délocalisation, la Vallée du Geer a été achetée par un pays asiatique.

    Et on a laissé faire…

    Deuxième volet :

    Nos peupliers de la Vallée du Geer ont été abattus et ils sont partis pour la Chine…

    Et en Chine, il n’y a pas de peupliers ? Ou alors, qu’en font-ils ? Ils les abattent ?

    Non, leur plantation est encouragée et les peupleraies protégées car : « Le rôle des peupliers et des saules dans le piégeage du carbone et l’énergie renouvelable suscite l’intérêt d’un grand nombre de pays.  L’emploi des peupliers pour l’absorption de polluants à base de nitrates provenant de l’agriculture et d’autres affectations des terres fait aussi l’objet d’une certaine attention.»

    Faits et tendances. (Source FAO.org.)

    tableau peuplement peupliers chine.pngD’après les rapports de pays membres de la CIP, la superficie des plantations de peupliers et, dans une moindre mesure, de saules s’accroît au plan mondial. Au niveau régional, elle diminue ou demeure stationnaire en Europe, augmente ou reste stable en Asie, s’accroît en Amérique du Nord et croît ou demeure stationnaire en Amérique du Sud (tableau 5). A l’échelle mondiale, la culture et l’utilisation du saule paraissent se développer.

    La culture des peupliers et des saules n’est plus considérée seulement comme une utilisation forestière des terres. Les espèces de ces genres servent de façon croissante à restaurer les paysages, à remettre en état les terres dégradées et à combattre la désertification, notamment au Proche-Orient, en Asie occidentale et centrale et en Afrique du Nord. Elles sont cultivées de plus en plus souvent comme élément du paysage rural, et intégrées à l’agriculture (y compris l’élevage et la production de cultures de rente), à l’horticulture et à la viticulture, contribuant ainsi aux moyens d’existence durables et au développement rural intégré. La plantation de peupliers et de saules dans les bois des petits propriétaires et dans les systèmes agroforestiers favorise de plus en plus l’utilisation des terres en Asie (notamment en Chine et en Inde) et en Amérique du Sud.

    L’utilisation des peupliers et des saules tend à se diversifier, embrassant un large éventail de produits tirés du bois massif et reconstitué et des fibres. Le rôle des peupliers et des saules dans le piégeage du carbone et l’énergie renouvelable suscite l’intérêt d’un grand nombre de pays. La phytoremédiation à partir de peupliers et de saules passe du stade de la mise au point à celle de la réalisation dans plusieurs pays, notamment en Europe et en Amérique du Nord. L’emploi des peupliers pour l’absorption de polluants à base de nitrates provenant de l’agriculture et d’autres affectations des terres fait aussi l’objet d’une certaine attention.

    La valeur des peuplements naturels diversifiés de peupliers et de saules aux fins de l’amélioration des arbres est désormais reconnue. Les programmes de conservation des peuplements naturels de peupliers sont nombreux en Europe (sic : sauf à Bassenge)

    http://www.fao.org/docrep/008/a0026f/a0026f02.htm

    C’était mon coup de g...  du jour.

     

     

  • Wonck. Abattages massifs de peupliers : nous avons voulu en savoir plus…

    cohout 3.jpgLa chronique de Regor.

    Voulant en savoir plus sur ces abattages massifs, nous avons rencontré un professionnel de l’industrie du bois afin de recueillir son avis. Avec lui nous étions sur les lieux à Wonck. Ce spécialiste a toutefois préféré garder l’anonymat.

    « Comme vous pouvez le constater, le bois des peupliers abattus qui se présentent devant nous est sain et les grumes sont exploitables. Une étiquette cohout étiquette.jpgidentifie chacune d’elle. Entre autres informations, ces étiquettes mentionnent clairement le nom de l’entreprise qui les a acquises et qui s’est également chargée de l’abattage des arbres tout comme elle se chargera des opérations suivantes. En effet, à ma connaissance, la Société Cohout de Nieuwerkerken exerce ses activités en Belgique depuis plusieurs décennies et, depuis, elle les a largement développées dans les différentes étapes de transformation du bois.

    Il faut savoir que la Société acheteuse d’une peupleraie l’acquiert tel un lot pouvant présenter des arbres d’âges différents et donc de diamètres différents, temps de croissance oblige. On admet généralement qu’un peuplier (populus) à une longueur de vie de 100 à 150 ans voire plus pour certaines espèces, mais si, selon moi en ce cas qui nous préoccupe, la circonférence moyenne des arbres entre dans les conditions d’exploitation de leur bois, les arbres qui se présentent devant nous n'ont pas atteint ce grand âge…

    cohout 1.jpgOn retrouve ici, en l’occurrence, des premières culées dont certaines, à vue de nez, doivent faire plus de 70 cm de diamètre, tandis que d’autres, des arbres plus jeunes, doivent en faire au moins 50. Outre une quantité importante de premières culées (1ère culée = tronc exempt ou présentant peu de nœuds sur une longueur déterminée), une majorité de gros diamètres composent ce lot et les grumes de peuplier devraient être destinées au déroulage en vue de la fabrication de panneaux. Quant à celles aux diamètres inférieurs, elles devraient rejoindre d’autres filières comme la scierie (ouvrages en bois-caisseries) ou encore, pour les plus petites et les branches, entrer dans la fabrication de pâte à papier. En tout cas,  je peux comprendre que cette peupleraie de Wonck ait suscité l’intérêt d’une société comme Cohout dont on connaît la croissance des exportations de bois belges qu’elle effectue vers l’étranger ces dernières années. Le peuplier, cette essence dite « pauvre », était tombé quelque temps en désuétude, mais depuis quelques années, une demande de grumes de qualité existe bel et bien : elle émane principalement des pays de l’Est et de l’Asie.

    Que dire de plus si ce n’est que, légitimement, le propriétaire de la peupleraie tout comme la Sté Cohout, auront profité de cette demande venant de l’étranger pour saisir l’opportunité et en tirer profit ».

    cohout 2.jpgRencontre avec un agriculteur propriétaire de peupleraie à Wonck.

    Après avoir recueilli l’avis de ce professionnel du bois, nous avons rencontré, toujours à Wonck, un agriculteur propriétaire de parcelles boisées (peupliers) qui viennent de faire l’objet d’abattages. Il confirme.

    « On peut parler d’opportunité, effectivement. Ici, à Wonck, nous sommes plusieurs propriétaires à l’avoir saisie. C’est donc probablement la somme des différents abattages qui, au niveau de la modification du paysage comme vous dites, a interpellé certains wonckois. Mais, comme tout cultivateur, même si nous devons parfois nous conformer à certaines règles ou règlements, nous sommes propriétaires des parcelles et il n’appartient qu’à nous de déterminer quand tirer au mieux profit de nos cultures ou plantations ».

    Et à la question de savoir comment les propriétaires ont été contactés…

    « Il n’y a aucun secret : Cohout NV s’est enquis auprès des services de l’urbanisme à Bassenge afin de connaître les noms des propriétaires de peupleraies réparties sur la commune. Après en avoir pris connaissance, un de leur délégué a pris contact ensuite avec tous les propriétaires concernés. Les peupliers, étaient en pleine maturité et exploitables. Cette Société nous a fait une offre intéressante. Il se trouve que nous sommes plusieurs agriculteurs wonckois à avoir saisi la balle au bond. Mais il entre, bien sûr, dans nos intentions de procéder à des replantations»

    Quant à la destination finale des peupliers abattus à Wonck… Ce propriétaire rejoint l’avis du professionnel du bois.

    « La Société Cohout nous a parlé d’une opération de déroulage des grumes afin de réaliser des panneaux de multiplex avec des placages de peuplier. Pour se faire, les grumes de peupliers de Wonck vont être exportées en Chine… ! »

    Les peupliers de la Vallée du Geer achetés en Chine ?

    Tiens, tiens… Serait-ce une revanche prise sur les chapeaux de paille ?

    Voir aussi article précédent paru dans La Meuse et sur ce même blog:

    http://bassenge.blogs.sudinfo.be/archive/2013/01/11/wonck-abattage-massif-de-peupliers-les-explications-du-bourg.html 

    cohout 1.png

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    Regor 11 janvier 2013

  • Wonck. Abattage massif de peupliers : les explications du Bourgmestre dans le journal La Meuse …

    1.jpg« Ils étaient arrivés en fin de vie, mais d’autres arbres vont les remplacer… »

    Depuis quelques jours, certains habitants de la Vallée du Geer s’indignent de voir que des dizaines de peupliers sont abattus dans des prairies, à Wonck. Et que les propriétaires des terrains ont obtenu l’accord de la commune pour le faire.

    Mais le bourgmestre rassure : « Ces peupliers arrivent en fin de vie et seront remplacés par d’autres arbres ».

    1 (5).jpgCes derniers jours, bûcherons, grues et tronçonneuses ont investi les prairies du village de Wonck pour procéder à un abattage massif d’arbres. En quelques jours, ce sont des dizaines de troncs élagués qui se sont amassés à l’entrée des prairies.

    Et de nombreux habitants de la Vallée du Geer, impuissants, s’émeuvent de voir tous ces arbres abattus. «Il s’agit de peupliers qui étaient plantés sur des terrains appartenant à des propriétaires privés », expose Josly Piette, le bourgmestre de Bassenge.

    «Malheureusement, ces arbres sont arrivés en fin de vie. Et plutôt que de les laisser mourir progressivement dans leurs prairies, les propriétaires privés ont donc introduit une demande au service urbanisme de la commune afin de les faire abattre. C’est la procédure normale pour procéder à un abattage comme celui- ci. Étant donné l’âge de ces arbres, nous avons logiquement accepté cette demande.

    En tout, ce sont près de 100 peupliers qui vont donc pouvoir être abattus. Les propriétaires pourront ensuite faire ce qu’ils souhaitent du bois, et notamment le revendre ».

    Les arbres seront remplacés…

    Les défenseurs de la nature n’ont évidemment pas manqué de réagir à ces abattages massifs, dénonçant surtout le fait qu’ils ont été approuvés par les autorités communales. «On coupe des centaines d’arbres en quelques jours, alors qu’on n’a procédé à aucune plantation l’année dernière », s’insurge Ali Aghroum, fervent défenseur de la nature et amoureux des hirondelles.

    «C’est une véritable catastrophe pour la nature de notre belle vallée et pour la vie de ses habitants.

    Sans compter que ces arbres protègent aussi certainement contre les inondations. Leur disparition pourrait avoir des conséquences ».

    Mais le bourgmestre se veut rassurant.

    « Il n’est pas question de laisser ces prairies sans plantations. Ce sera maintenant à la DNF (Division Nature et Forêt, NDLR) de décider quelles essences forestières devront être replantées à cet endroit. Il pourra s’agir de peupliers, mais aussi peut-être d’autres espèces. Rien n’est encore actuellement décidé à ce niveau ».

    Voilà qui devrait calmer les craintes de certains.

    peupliers abattus article.png

    (Source La Meuse 9/01/2013)

    Bientôt un "complément d'information" sur ce blog Bassenge Sudinfo.