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marche bruxelles

  • En exclusivité : le discours tenu par Jean-Denis Lejeune avant de commencer la marche…

    jean-denis lejeune, marche bruxellesComme vous le savez, une marche se tient actuellement à Bruxelles contre la libération de M.Martin.  Jean-Denis vient de faire parvenir la teneur de son discours à ses amis, dont nous avons l'honneur de faire partie.

    Voici en exclusivité, le discours que Jean-Denis a tenu pour débuter la marche :

    Ma fille Julie nous a quittés il y a 17 ans déjà, dans les circonstances tragiques que vous connaissez tous. Depuis, le père que je suis n’a plus jamais été le même homme et c’est un combat de tous les jours, comme pour tous les autres parents de victimes, de trouver la force et le courage d’avancer.

     

    La Marche blanche du 20 octobre 1996 rassembla à Bruxelles une foule estimée à plus de 350.000 personnes et nous fit espérer de profondes réformes institutionnelles, mais qui semblent toujours en cours aujourd’hui.

    La récente décision du tribunal d’application des peines de Mons concernant la libération prochaine de Michelle Martin a ravivé une émotion légitime et une profonde  incompréhension et jamais je n’aurais imaginé que nous devions nous mobiliser à nouveau pour avoir plus de sécurité et une meilleure Justice dans notre pays.

    Cette inacceptable décision de libération stigmatise l’urgence, sans autre nouveau délai, d’opérer cette réforme de la Justice que les autorités politiques nous promettent depuis si longtemps.

    Hier, le porte-parole du syndicat de la magistrature a tenu a précisé qu’il n’y avait eu aucun « dysfonctionnement » dans la décision de libération rendue par le tribunal d’application des peines qui n’avait fait qu’ « appliquer la loi », une loi qui doit être « la même pour tous », dans un « Etat de droit ». Or, l’essence même d’une loi dans un « Etat de droit » qui se veut « démocratique » est qu’elle puisse être amendée, adaptée et améliorée si, dans la pratique, il s’avère qu’elle présente des lacunes flagrantes qui mettent notre société et nos enfants en danger.

    Les lacunes législatives et judiciaires se trouvent aujourd’hui sur plusieurs niveaux cumulés et nous entendons déposer ce jour à la ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, un manifeste réclamant qu’une place soit garantie aux droits des victimes dans notre système judiciaire, sans démagogie ni populisme. Nous revendiquons :

    1) Un durcissement des peines, une gradation des peines, notamment pour les crimes lourds contre les enfants et les personnes. Et que ces peines soient cumulables et non absorbées ;

    2) L’interdiction de toute demande de libération conditionnelle, en cas de récidive, avant que l’auteur n’ait purgé au minimum les 2/3 de sa peine ;

    3) Que la notion de récidive soit appréciée quel que soit le tribunal ayant eu à connaître des faits incriminés ;

    4) Le renforcement des conditions pour pouvoir introduire une demande de libération conditionnelle

    5) Une transparence totale à tous les stades de la demande afin que la victime puisse prendre connaissance du dossier, participer contradictoirement aux débats et émettre le cas échéant ses objections, comme l’impose la jurisprudence de la Cour Européenne de Strasbourg ;

    6) Un droit d’appel pour les victimes sur toute décision de libération conditionnelle ;

    7) Subordonner, pour les crimes contre les personnes, une libération conditionnelle à un vrai plan d’indemnisation sérieux et effectif de la victime ;

    8) Imposer un suivi plus strict et effectif de l’auteur libéré sous conditions, avec la suspension ou la suppression pure et simple de la libération en cas de non-respect de ses obligations de suivi.

    9) Imposer un devoir d’information des autorités locales censées accueillir sur leur territoire un condamné libéré, afin de mesurer leur capacité à prendre en charge sa surveillance et les risques pour la population ;

    10) Renforcer le pouvoir de contrôle à domicile des libérés sous conditions.

     

    Je demande à nos responsables politiques que ces propositions soient rapidement mises à leur agenda de travail afin qu’elles soient débattues en synergie avec le monde judiciaire, pour qu’il résulte enfin, de ce débat, une refonte profonde de la Justice qui nous évitera de nouvelles et intolérables dérives.

    Nous entendons porter ce manifeste jusqu’au Palais de Justice de manière digne, constructive et citoyenne. Je vous demanderais donc que nous marchions de concert de manière calme et sans incident qui ne ferait que déforcer notre légitime démarche. Et bien sûr, je vous remercie tous d’être là pour défendre l’avenir de nos familles et de nos enfants.

     

    Jean-Denis Lejeune