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hauts sarts découverte archéologique

  • A proximité. Un établissement routier gallo-romain découvert aux Hauts-Sarts

    Il a fonctionné entre le 1 er et le 3 e siècle apr. J.-C. 

    Il y a un peu plus d’un an, nous apprenions la présence d’archéologues dans le zoning des Hauts-Sarts à Herstal. Ils étaient à la recherche de vestiges datant du début de notre ère. Et ce qu’ils y ont trouvé est digne d’intérêt. Retour sur cette découverte. 

    Alors que les établissements routiers sont nombreux dans le zoning des Hauts-Sarts, il est comique de constater que notre époque et notre industrie n’ont pas été les premiers à le coloniser de la sorte.

    L’an dernier, des archéologues de la Région wallonne ont en effet mis au jour une sorte de station-service de l’époque gallo-romaine. Une halte ravitaillement qui a essentiellement fonctionné entre le 1 er et le 3 ème siècle de notre ère.

    La découverte a été faite durant le premier semestre 2015, lors des travaux d’extension de l’entreprise Skechers. En réalité, les archéologues soupçonnaient depuis longtemps l’existence de tels vestiges. En 2001, des restes datant de l’Antiquité tardive avaient été découverts à proximité immédiate du site. Et lorsqu’en 2014, Skechers a introduit sa demande de permis pour son extension, les archéologues ont sauté sur l’occasion.

    Après une première évaluation, des fouilles plus complètes ont été menées de janvier à juillet 2015. Elles ont donc permis de mettre au jour un établissement routier d’époque romaine. Ce dernier avait été aménagé le long de la voie qui reliait Tongres à la Meuse, une voie qui correspond à l’actuel tracé de la chaussée Brunehaut.

    Cet établissement routier avait bel et bien pour vocation de ravitailler les voyageurs et leurs montures, le tout dans un certain confort. Pour preuve, l’inventaire exact de ce qui y a été trouvé. On sait ainsi qu’il y avait plusieurs bâtiments fondés sur poteaux de bois. L’un d’entre eux possédait une cave en pierre ornée de niches dont le comblement a livré des restes d’enduits peints. Pour le confort des voyageurs, des sortes de thermes sont aussi apparus, avec un ensemble de bains maçonné, avec chauffage par le sol, des baignoires pour l’eau chaude et d’autres pour l’eau froide.

    L’établissement servait aussi à se restaurer. Des structures de traitement des denrées périssables comme un séchoir et d’autres servant de stockage pour la conservation des denrées périssables comme des silos enterrés ont ainsi été mis au jour tout comme des batteries de foyers servant à la cuisson des aliments.

    Enfin, on y a également trouvé des vestiges indiquant un travail de forge sur place. Une découverte qui ne surprend pas puisqu’il n’était pas rare de devoir réparer les véhicules. D’ailleurs, un bandage/cerclage de roue en fer a ainsi été remonté à la surface.

    Tous ces éléments ont bien évidemment permis de dater la période d’activité de cet établissement routier. Ce dernier aurait ainsi essentiellement fonctionné durant le Haut-Empire (1 er -3 e siècle après Jésus-Christ) mais aussi durant l’époque de l’Antiquité tardive (4 ème siècle). (Source La Meuse samedi 27 août 2016)