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  • Conseils d’administration des organismes publics. Jusqu’à 10.000 euros par jeton de présence ! Les « petits pourboires » de nos politiques

    tableau pourboires.pngDes tableaux reprenant le montant des rémunérations des membres de 48 organismes publics ont été livrés aux parlementaires wallons. Mais ceux-ci, très incomplets, révèlent un manque criant de transparence. Au niveau fédéral, l’opacité est moins forte. Mais les montants perçus par les administrateurs, souvent « placés » par un parti, y sont encore plus élevés. 

    Les dirigeants d’organismes publics wallons et fédéraux sont nommés, souvent selon leur couleur politique, parfois pour leurs compétences. Et rémunérés grâce à l’argent du contribuable. Pourtant, il règne au sujet de leurs rémunérations, une grande opacité. Au niveau fédéral, la transparence est plus grande, à défaut d’être irréprochable. Le montant des rémunérations des administrateurs, volontiers exorbitant, est publié chaque année dans un rapport annuel.

    Compilé par nos soins, les revenus fixes, qui ne prennent pas en compte d’autres revenus variables et autres avantages en nature liés à la fonction, laissent songeur. D’autant que la plupart cumulent ces revenus avec d’autres mandats (bien) rémunérés.

    En revanche, la Wallonie se signale par une mauvaise volonté évidente. Un décret de 2004, modifié en avril 2014, impose pourtant au gouvernement wallon de transmettre au Parlement les rémunérations annuelles dont jouissent les administrateurs et les gestionnaires des 48 organismes publics wallons (les TEC, le Forem, l’Awex etc.)

    1 an et demi après cette circulaire, le résultat est tombé. Il est décevant. « Ça a été une douche froide », regrette Stéphane Hazée, député Écolo. « Les grilles sont floues, incomplètes, mal remplies, et pour tout dire, improbables, voire farfelues. » En effet, on n’y retrouve que trop rarement le montant de la rémunération fixe perçue par le président des organismes, souvent issu du PS. À l’exception de celle de Jean-Michel Javaux (Écolo). Le montant des jetons de présence n’y est que trop rarement précisé. Bref, l’expression d’une frilosité à dévoiler sa cuisine interne. « Le ministre président (Paul-Magnette, PS) s’est comporté comme un notaire, sans exiger que les ministres compétents prennent leurs responsabilités. Il y a un grave manque de transparence, notamment dans le chef de la société wallonne du logement qui ne précise pas la rémunération pour chaque fonction », reprend Stéphane Hazée. Le député note également des manquements dans les résultats publiés par l’aéroport de Charleroi ou par l’Invest Mons-Borinage-Centre.

    Pire, certains organismes dépassent manifestement le plafond maximal des rémunérations instauré par le décret wallon, fixé à 245.000 euros par personne. Par exemple, les trois dirigeants de la SPGE se partagent la somme de 795.000 euros par an. En divisant ce montant par trois, on dépasse forcément le plafond autorisé.

    « CELA JETTE LA SUSPICION »

    Le résultat de ces prétendues avancées législatives en matière de transparence est clair : les comptes sont flous et il est impossible de vérifier quoi que ce soit. Le MR soutient Écolo dans ce dossier. « Je l’ai dit, s’il y a des zones obscures à un moment donné parce que certaines structures n’ont pas donné toutes les informations demandées, cela fera évidemment planer un certain doute, une certaine suspicion, un certain fantasme pour certains. Je pense que l’on doit éviter cela », s’est exprimé Pierre-Yves Jeholet, en Commission. Paul Magnette, ministre-président wallon (PS) lui a répondu en affirmant avoir fait « exactement ce que demandait le décret. »

    tableau pourboires 2.pngAprès les polémiques à répétition qui ont alimenté le débat, dénonçant l’outrance des salaires accordés à certains pontes comme Didier Bellens (1,026 million chez Belgacom) ou Johnny Thijs (1.123.209 euros chez bpost), des efforts ont été consentis dans certains organismes publics fédéraux.

    « Le débat sur le salaire des patrons des entreprises publiques a eu pas mal d’impact au niveau de bpost et de Belgacom. Leur salaire a été fortement diminué », note Georges Gilkinet, député fédéral (Ecolo). Reste que leurs successeurs respectifs conservent une coquette rémunération, à savoir un revenu de base de 483.696 pour Dominique Leroy, administratrice déléguée de Proximus et 467.520 euros pour Koen Van Gerven, de bpost. Josef Cornu, no 1 de la SNCB ne gagne quant à lui « que » 230.000 euros par an. Contre un salaire de base de 397.788,63 euros pour Marc Descheemaecker, son prédécesseur. La tendance est assez marquée au sein des top managers belges du secteur para-public.

    Mais si, pour les sociétés cotées en bourse, la rémunération peut être consultée dans les rapports annuels, c’est plus compliqué dans certains SFPI (Société Fédérale de Participations et d’Investissement). Georges Gilkinet compte interpeller le ministre des Finances à ce sujet. (Source La Meuse vendredi 6 novembre 2015)

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