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collecte papiers cartons

  • Région liégeoise. Des bandes volent les papiers-cartons dans les poubelles. Le phénomène s’observe surtout dans les villes

    poubelle vol.jpgDepuis quelques années, les collecteurs de déchets doivent faire face à une concurrence déloyale en matière de papiers-cartons. Des bandes organisées sillonnent les rues des villes la veille du jour de collecte et emportent ce papier par camionnettes entières. 

    Difficile de chiffrer ce phénomène né voici deux ou trois ans, précise d’emblée Sabine Lespagnard, responsable du département prévention des déchets chez Intradel : « La collecte de papiers-cartons est en légère baisse, de l’ordre de 2 %, constate-t-elle, mais d’autres paramètres entrent en compte. La presse ‘papier’ va moins bien, des associations organisent maintenant des collectes ponctuelles… Et on espère évidemment que la prévention joue également un rôle. »

    « C’est stationnaire pour l’instant, mais ça existe, confirme Youri Sloutzky, responsable des relations publiques chez Fost+. Mais c’est difficilement quantifiable. »

    Mais le phénomène du vol de papiers-cartons est toutefois bien réel. La preuve en est de ces camionnettes qui, la veille du jour de collecte, sillonnent les rues des villes, embarquant à la volée ces déchets déposés sur les trottoirs. Le tout dans l’illégalité la plus complète.

    « Oui, c’est bien un vol, confirme-t-on à la police de Liège, car il s’agit ici de déchets déposés, et non de déchets abandonnés. »

    Une nuance qui fait toute la différence. Emporter ces papiers-cartons devient alors une infraction, passible de très lourdes peines : « Sur base du décret wallon qui précise que les déchets ne peuvent être collectés que par des personnes agréées, ces voleurs peuvent risquer une peine de huit jours à trois ans de prison et une amende de 100 à un million d’euros. Mais on fait quand même une différence entre ces personnes qui en font un commerce et un particulier qui emporte juste un livre qui lui plaît. Celui-là ne risque qu’une amende de 75 euros sur base du règlement communal. »

    Mais encore faut-il mettre la main sur ces voleurs d’un nouveau genre. Et c’est souvent là que le bât blesse. « Ce sont souvent des bandes organisées, qui ciblent les endroits où on dépose beaucoup de papiers mais n’ont aucune existence légale : pas de permis, pas d’assurance. La difficulté, c’est de les coincer sur le fait, mais ça arrive. »

    De plus en plus de citoyens relèvent en effet le numéro de plaques de ces « nouveaux voleurs » et avertissent aussi la police. Intradel, de son côté, dispose également de surveillants de collecte présents sur le terrain qui font de même.

    Ce qui permet maintenant d’arriver à des résultats. C’est d’ailleurs arrivé début de cette année à Liège : « Nous avons en effet arrêté une personne qui faisait le commerce de papiers-cartons, termine-t-on à la police de Liège. Et depuis qu’on a intercepté cette personne, le vol de papiers sur la ville a fortement diminué. »

    QUEL PRIX POUR CES DÉCHETS ? 

    « On ne devient pas riche avec ça » 

    Que font ces voleurs des papiers et des cartons qu’ils ramassent, soir après soir ? « Ils les revendent à un recycleur, explique Youri Sloutzky, le responsable relations publiques de Fost+. Et ce recycleur ne sait pas faire la différence entre eux et une PME ou un imprimeur qui ont tout à fait le droit de venir déposer leurs déchets chez lui. »

    Mais ce business rapporte-t-il ? Pas autant qu’on pourrait le croire. « C’est vrai que nous arrivons à en avoir 100 euros la tonne, mais ça, c’est le prix obtenu par Fost+, qui fournit 160 tonnes. Quelqu’un qui va arriver avec 50 kilos, il en aura peut-être pour 30 euros la tonne. Or, dans une camionnette, ils ne doivent pas avoir plus d’une tonne… »

    (Source La Meuse 23 août 2016)