Google Analytics Alternative

bureau vente loterie nationale

  • Loterie nationale. 26 ados vont tester les points de vente

    loterie.jpgObjectif : vérifier que les jeux de tirage et billets à gratter ne sont pas vendus aux moins de 18 ans 

    Ce système s’appelle le « mystery shopping ». Quatre fois par an, la Loterie nationale y a recours pour vérifier que ses différents points de vente respectent la législation en vigueur quant à l’interdiction de vendre des billets à gratter ou des jeux de tirage aux moins de 18 ans.

    Le principe est simple : un jeune se présente dans une librairie, une boulangerie, un café ou une station-service où l’on vend ces jeux et demande à y participer ou à en acheter un. Si le gérant ou la caissière refuse ou lui demande son âge pour s’assurer qu’il a plus de 18 ans, c’est parfait. « Les jeunes ne peuvent pas mentir ou négocier avec la personne qu’ils ont en face d’eux. Ils doivent donc donner leur vrai âge et, dès lors, la règle veut qu’ils ne puissent pas jouer », explique Arnaud Hermesse, de la Loterie nationale.

    « ON NE VEUT PAS PIÉGER »

    Par contre, si le jeune parvient à se procurer un billet ou à jouer, il paie, sort du commerce et retrouve un collègue adulte, mystery shopper également. « C’est lui qui va prévenir le gérant qu’il y a eu infraction et que, dès lors, il y aura sanction. Le jeune est toujours accompagné, car certains vendeurs sont fâchés ». Au point que certains s’énervent et que le ton monte. « Mais c’est très rare, heureusement. Ils savent qu’ils sont en tort ».

    La sanction a de quoi dissuader les points de vente de ne pas respecter la loi : elle est de 10 % du chiffre d’affaires hebdomadaire sur les produits de la Loterie pour une première infraction, puis de 20 % pour une deuxième, 30 % pour une troisième . « Actuellement, le maximum que l’on a atteint est 20 % , car les points de vente peuvent aussi se racheter : si après un contrôle qui leur était défavorable, ils refusent de vendre au mineur mystery shopper lors d’un contrôle suivant, leur amende baisse ».

    Pour choisir les adolescents qui effectueront ces tests : un jury de cinq personnes, composé notamment d’un représentant de la Loterie nationale et des deux représentants des vendeurs de presse. Les jeunes passent, un par un, et déclinent leur identité, leur âge, leur taille. Ils étaient 120 à la base mais ne sont que 40 à passer devant ce jury, 80 ayant déjà été rejetés sur base de leurs seules photos. « Les voir en vrai nous permet de juger comment ils parlent, leur apparence. L’objectif n’est pas de piéger les points de vente, mais bien de choisir des mineurs qui font vraiment jeunes, pour lesquels il n’y a pas de doute et pour lesquels il est évident qu’ils ne peuvent pas acheter de produits de la Loterie nationale ».

    Il suffit qu’un membre du jury refuse le candidat pour que celui-ci ne soit pas retenu. « On a la chance d’avoir les représentants des libraires avec nous, ce qui permet aussi d’éviter qu’ils se sentent piégés ».

    Le jury va d’ailleurs rejeter quelques candidats. Maquillage, hanches ou poitrine pour les filles, voix et coiffure pour les garçons : tout est jugé. « Ce sont les plaintes qu’on entend souvent de la part des points de vente pris en défaut : « tu aurais dû voir, elle ne faisait pas du tout son âge » », explique Walter Agosti président de Prodipresse, l’association des diffuseurs de presse indépendants. « On demande donc que les jeunes ne changent pas d’apparence après le casting ».

    Certains de ces jeunes ont déjà été mystery shoppers ces derniers mois. Comme ce Bruxellois de 15 ans, qui a déjà fait 58 contrôles. « Il fait bien son travail car il paraît assez jeune pour que seulement trois points de vente aient accepté de lui vendre nos produits ».

    Pour les 26 jeunes finalement sélectionnés, ce sont des contrats d’intérimaires qui seront signés. Et les vendeurs sont prévenus : ils débarquent chez vous à partir du 22 août ! (Source La Meuse samedi 9 juillet 2016)