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  • Liège prend goût au bio. Bière, charcuterie, produits laitiers : la production bio a le vent en poupe dans la région liégeoise

    kathleen wuyard.pngLongtemps cantonné à un marché de niche, le bio est désormais devenu la norme pour les consommateurs en quête de qualité. Une tendance qui a pris Liège d’assaut, des agriculteurs aux restaurateurs… et bientôt même une brasserie ! 

    Quand on lui parle du boom du bio, Henri Paque ne peut réprimer un sourire. Il faut dire que ce Liégeois pratique l’agriculture biologique depuis 1978 déjà au sein de « La ferme à l’arbre de Liège ». Un nom provenant des temps ancestraux où les romains se servaient de l’imposant orme planté sur cette propriété de Lantin comme d’un point de repère.

    Chez les Pâque, on est fermier de père en fils, mais quand Henri a repris la ferme et décidé de changer la manière de cultiver, cela a pas mal fait jaser.

    bio.png« À l’époque, ce n’était pas comme maintenant : on était en plein dans la découverte des possibilités de l’agriculture chimique, et les gens me prenaient pour un fou.

    Je viens d’une famille de fermiers, mais j’ai eu la chance de sortir de la ferme pendant 10 ans, période pendant laquelle j’ai lu un livre sur l’agriculture bio. Cela m’a permis de comprendre que le bio était l’avenir de l’agriculture et que c’était la direction dans laquelle je voulais me diriger ».

    Un choix qu’Henri Pâque ne regrette pas : « quand j’ai commencé le bio, il n’y avait pas de primes, pas de labels, on était les fêlés de la bande… mais quand on a la foi dans un projet, on ne s’arrête pas. Aujourd’hui, avec les labels, c’est plus contraignant, mais je ne regrette rien du tout. Je remercie le ciel chaque jour de faire ce beau métier, on suit la logique de la nature, sans rien traficoter ».

    42 % DU TERRITOIRE LIÉGEOIS

    Et la nature lui rend bien : à la ferme à l’arbre de Liège, ce ne sont pas moins de 60 variétés de légumes qui sont cultivées désormais. Un choix varié qui reflète l’évolution du milieu du bio dans la région liégeoise.

    Et la Province ne s’y est pas trompée, puisqu’elle a choisi d’apporter son soutien aux circuits-courts et aux agriculteurs.

    Un soutien crucial quand on sait que l’agriculture occupe 42 % du territoire liégeois. Un savoir-faire que la Province compte bien faire fructifier : « la Province de Liège accompagne les agriculteurs afin de s’adapter à certaines filières ou plateformes du bio. La production sans pesticides est un moyen de faire de nos spécificités des atouts dans la production mondialisée » . Pour ce faire, la Province peut compter sur l’appui du CPL-Vegemar qui s’occupe de l’accompagnement bio. « L’objectif est d’encadrer les producteurs de la Province de Liège et de veiller à ce qu’ils puissent avoir des débouchés divers et variés pour écouler leurs produits. Aujourd’hui, plus de 90 producteurs bénéficient de ce service et ce chiffre devrait encore s’agrandir dans les mois à venir » .

    Et si le bio séduit de plus en plus de producteurs et agriculteurs locaux, la Ferme Larock, à Neupré, a choisi d’aller un pas plus loin. Ici, on produit en effet dans le respect de la biodynamie. Ainsi que nous l’explique Eline Pont, la responsable du jardin d’enfants accolé à la ferme, « quand on parle d’agriculture bio, cela veut dire qu’on n’a pas recours à des engrais chimiques. Avec la biodynamie, il y a une véritable volonté de prendre soin de la terre mais aussi de tout ce qui l’entoure. C’est une conception plus large : le bio, mais avec toute une dynamique sociale autour. C’est pour ça que nous avons voulu ouvrir également un jardin d’enfants » .

    Un concept qui séduit les consommateurs : « il y a un tel engouement pour la ferme que le magasin est devenu trop petit et nous avons dû agrandir ». Un magasin dans lequel on retrouve toute l’étendue des produits de la ferme : légumes de saison, bien sûr, mais aussi charcuteries, produits laitiers et confitures. « Point de vue goût, il n’y a pas photo, souligne Eline. Avec la biodynamie, on retrouve le plaisir des saveurs que nos grands-parents ont connues ».

    Un retour aux sources qui plaît : le marché mondial du bio représente un chiffre d’affaires annuel d’environ 80 milliards de dollars. En Wallonie, le bio représente un peu plus de 10 % de la production. « Pas trop mal, mais peut mieux faire » selon Henri Pâque.

    Aux agriculteurs liégeois de lui donner raison… (La Meuse lundi 9 mai 2016)