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  • Énergie. Unique en Belgique : 100 mini-éoliennes ! La commune de Donceel (province de Liège) adhère à un projet énergétique novateur et gratuit

    éolienne tulipe.jpgCent tulipes à vent vont garnir les campagnes de Hesbaye. Donceel, en région liégeoise, va accueillir ces mini-éoliennes. Le projet Tulipes, unique en Belgique, est financé par une société américaine au profit de la commune, d’un agriculteur et d’un pharmacien.

    La commune de Donceel, en province de Liège, se lance dans un projet unique en Belgique : installer cent mini-éoliennes, baptisées tulipes, sur son territoire. Ces mats, d’une hauteur de maximum quatre mètres, seront placés à divers endroits pour générer de l’énergie grâce au vent. Une exploitation agricole, une pharmacie, un moulin et un nouveau lotissement vont en accueillir. « Le projet Tulipes, unique en Belgique, peut apporter des solutions pour une production d’énergie durable et alternative. Par rapport à une éolienne haute de 130 mètres, les nuisances sont nulles et l’impact paysager reste très faible », déclare d’emblée Jean-Luc Boxus, le bourgmestre.

    Ce projet est le fruit d’un accord avec une entreprise américaine, Flower Turbines, qui finance la première implantation de cent « tulipes » en Belgique. « Les Américains financent la fabrication et l’installation. L’opération est gratuite pour la commune et les acquéreurs de ces mini-éoliennes », précise le mayeur. En échange, le territoire de cette commune de 3.000 habitants sert de plate-forme de démonstration que la société, basée à New York, peut utiliser pour ses futurs clients européens. Si l’entreprise, fondée par Daniel Farb, investit en Belgique, c’est pour s’ouvrir les portes du marché en Europe.

    Le dispositif ne se substitue pas au réseau. « Une tulipe doit d’abord soulager une exploitation de manière décentralisée. Le système est un complément pour de plus gros consommateurs, par exemple une entreprise, et peut alimenter un groupe électrogène », explique Alain Van Ranst, Donceelois à l’origine du projet, qui préside une ASBL regroupant des acteurs spécialisés dans l’efficience énergétique. Philippe Mordant est échevin, mais aussi pharmacien à Donceel. Il compte implanter le dispositif sur le toit son officine : « On gagne en autonomie énergétique. Le vent pénètre par le bas de la tulipe et produit de l’énergie. On ne stocke pas l’électricité produite, on réduit la consommation et on injecte le surplus dans le réseau. Il s’agit du même principe que les panneaux photovoltaïques. » Les tulipes peuvent aussi être installées au sol. L’agriculteur qui s’est engagé dans le projet prévoit d’en ranger des dizaines sur son champ.

    Si ce projet Tulipes séduit les autorités communales et réjouit les futurs bénéficiaires, l’adhésion des différents partenaires ne représente que la première étape. Il reste à fabriquer les cent mini-éoliennes avant d’entamer les démarches administratives, soit un délai d’au moins six mois (Source La Meuse vendredi 19 août 2016)

    CRÉATION D’EMPLOIS ET INSERTION SOCIALE

    Des « tulipes » américaines fabriquées chez nous

    Sur les cent tulipes que finance Flower Turbines, soixante sont signées à Donceel, mais leur fabrication n’a pas encore débuté. La société développe ses mini-éoliennes aux États-Unis et en installe déjà régulièrement en Israël. L’accord signé mercredi à Donceel (province de Liège) entre la commune, l’entreprise américaine et les futurs bénéficiaires (exploitation agricole, moulin ou encore pharmacie) prévoit la fabrication de ces mini-éoliennes en Belgique. « Ce projet crée de l’emploi et poursuit un objectif social, puisqu’on travaille avec des Entreprises de travail adapté (ETA) qui engagent du personnel en situation difficile », glisse Jean-Luc Boxus, le bourgmestre donceelois.

    « Il existe deux types de tulipes : neuves ou recyclées. Pour la fabrication des petites éoliennes neuves, on fonctionne avec les ETA. On réalise actuellement une estimation du budget nécessaire à leur réalisation. Quant aux tulipes recyclées, on fonctionne avec des sociétés de récupération et de valorisation d’électroménagers », explique Alain Van Rast, habitant de Donceel, ancien collaborateur de la société Flower Turbines et président de l’ASBL Cenurbe qui regroupe divers acteurs spécialisés dans l’efficience énergétique.

    Produire une mini-éolienne neuve coûte entre 10.000 et 12.000 euros, mais la fabrication dure plus longtemps. Pour le prix d’une tulipe à vent recyclée, il faut compter la moitié d’une neuve et le délai est plus rapide. Une turbine à deux ou trois lames génère en permanence 2 kilowatts et produit de l’électricité dès que la vitesse du vent atteint 1,2 mètre par seconde.

    QUELLE PROCÉDURE POUR CETTE PREMIÈRE BELGE ? 

    Une demande de permis simplifiée

    Le caractère novateur de ce projet Tulipes pourrait impliquer des incertitudes quant aux démarches administratives. La réglementation pour le petit éolien prévoit une simplification de la procédure de demande de permis d’urbanisme. L’article 107 du Cwatupe permet la délivrance du permis sans l’avis préalable de fonctionnaires délégués de la Région wallonne : « L’installation d’une éolienne à usage privé est donc soumise à l’obtention d’un permis d’urbanisme par le collège des bourgmestre et échevins. Le collège peut demander l’avis du fonctionnaire délégué dont il doit tenir compte, mais il n’est pas obligé de la suivre. Cette disposition est d’application pour autant que le projet soit conforme aux prescriptions réglementaires applicables sur le terrain (plan de secteur, règlements communaux, permis de lotir ou règlement général sur les bâtisses en site rural). » Ces dispositions légales proviennent du vade-mecum rédigé par le facilitateur éolien de la Région wallonne, l’APERe, que nous avons tenté en vain de joindre, à l’instar de la DGO4 et du cabinet du ministre de l’Energie.

    La commune se prépare à recevoir les demandes des acteurs du projet : « Il s’agit d’une procédure simplifiée avec un avis d’urbanisme pour l’octroi d’un petit permis », conclut le bourgmestre. (Source La Meuse vendredi 19 août 2016)