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éboueurs porte à porte

  • Liège témoignage d’un éboueur. « J’ai gagné 700 € en 3 heures »

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    « Nous avons commencé à récolter au début du mois de décembre », explique Jérémy (prénom d’emprunt), un jeune éboueur qui préfère rester anonyme.

    Les étrennes sont tellement lucratives pour certaines professions qu’on préfère rester discret sur le sujet. « Nous effectuons d’abord notre tournée classique, puis quand nous avons terminé, nous la faisons dans l’autre sens pour récolter. En général, les gens nous donnent 5 euros. Mais il arrive aussi qu’ils nous donnent 1 euro ou 10 euros. Une fois, quelqu’un m’a donné 40 euros. C’est vraiment exceptionnel, paraît-il ».

    Reste qu’à coup de 5 euros par ménage, les étrennes s’amoncellent vite. « Cela m’est déjà arrivé de récolter 700 euros en trois heures ! Mes collègues m’avaient dit qu’on récoltait beaucoup d’argent lors des étrennes, mais je ne m’attendais pas à ce que ce soit à ce point-là ».

    Récolter de l’argent ou vendre des calendriers est pourtant interdit dans certaines communes. Notamment pour éviter que des citoyens se fassent arnaquer par des escrocs. Ce qui n’empêche pas, apparemment, plusieurs éboueurs de contourner cette interdiction. Impossible évidemment de mettre un policier derrière chaque camion-poubelle. « J’ai entendu dire que c’était interdit, mais on ne nous a jamais causés de problèmes, poursuit Jérémy. C’est déjà arrivé que l’on croise des agents de police pendant notre collecte et ils ne nous ont rien dit. »

    Le Liégeois précise : « On n’oblige personne à nous donner de l’argent. Moi, quand je sonne à la porte, je précise toujours aux gens qu’ils donnent quelque chose, seulement s’ils en ont envie. Cela arrive que des gens refusent de nous donner des étrennes, mais c’est très rare. J’ai remarqué que la plupart d’entre eux n’osent pas dire non ».

    « FAUSSE RUMEUR »

    Il faut dire que la rumeur selon laquelle ceux qui ne donnent pas quelques euros s’exposent aux foudres des éboueurs est tenace. Et totalement infondée, selon Jérémy. « C’est vrai qu’il nous arrive de râler si des personnes qui déposent toujours des sacs-poubelles très lourds refusent de faire preuve d’un peu de générosité. Cela ne veut pas dire pour autant qu’on ne ramassera pas leurs poubelles, cette rumeur est fausse ».

    Et Jérémy d’ajouter : « Notre métier n’est vraiment pas facile. Je commence le travail à 5h du matin, et je finis souvent aux alentours de 16h. Cet été, avec la canicule, c’était très dur, et avec des météos comme celle d’il y a quelques jours, où il fait froid et pluvieux, c’est encore pire ».

    Des conditions de travail difficiles qui contribuent à la générosité des Liégeois : à la fin du mois, selon ses estimations, les étrennes récoltées par Jérémy atteindront les... 1.500 euros ! (Source : article de Kathleen Wuyard La Meuse du samedi 19 décembre 2015)